Une démarche entrepreneuriale (Cours #1)

Puisque je donne un nouveau cours cet automne aux HEC-Montréal, j’en profiterai pour revisiter les bases de l’entrepreneurship, telles qu’elles sont vues maintenant dans le cadre de ce cours qui portera sur l’approche SynOpp développée par Claude Ananou et moi-même, en collaboration avec Marie-Ange Masson.

Je vais donc, faire les lectures demandées aux étudiants et commenter ici, ces lectures.
Dans une optique d’itérations, thème central de la méthode SynOpp, il est possible que je revienne préciser ma pensée avec le temps.

Étudiants ou lecteurs de mon blogue, n’hésitez pas à laisser vos commentaires.
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Dans le texte « les entrepreneurs et leurs projets »  j’aime bien que M. Toulouse stipule d’entrée de jeu, qu’il s’agit de mettre une idée, un rêve, en action. J’ai vu trop de bonnes idées (y compris certaines des miennes) mourir faute d’actions. Saviez-vous que la plupart des gens, par éducation surtout, pensent dans les secondes qui suivent un éclair de génie, à ce qui ne marchera pas! Pour cette raison, j’aime bien maintenant demander quelle est la plus petite action sur le terrain que mon client peut faire dès demain pour activer la machine, pour se commettre. Bref, faire la distinction entre être intéressé par quelque chose vs être engagé dans quelque chose.

Le texte « L’intuition, l’Écoute et le modèle mental en vue de l’action » de LJ Filion dans le recueil « De l’intuition au projet d’entreprise » permet d’aborder les premières étapes de réflexion de l’entrepreneur. En effet, tout part d’une intuition. Une intuition alimentée par un cadre de référence connu. Une intuition qui une interprétation floue d’un raisonnement logique. On se laisse de la marge de manœuvre.

La suite relève de la curiosité. Il faut nourrir la machine, nourrir ce cerveau droit qui ne carbure pas à la logique. Tester, poser des questions, provoquer les réflexions. Cherchez la compréhension contextuelle, globale. Faites plusieurs boucles successives de travail sur le terrain. Vous êtes à bâtir un cadre de référence plus complexe (modèle mental) qui vous permettra de filtrer les futures informations. Ne cherchez pas à valider trop vite, vous pourriez vous priver de solutions possibles.

Réflexions-Décisions-Actions.

Cette boucle sera présente tout au long du processus. N’oubliez pas que le feedback de vos actions viendra alimenter vos réflexions, et par conséquent vous pourriez être appelé à revoir vos décisions antérieures.Je le répète, partez l’esprit ouvert…

Dans « la création d’entreprise un processus complexe » on constate l’ampleur du défi d’un entrepreneur. Le large spectre de sujets à traiter, de décisions à prendre fait en sorte qu’à mon avis, c’est le manque de discipline et de rigueur dans les actions à poser qui est l’Épée de Damoclès des entrepreneurs.

Il y a beaucoup à faire, et peu de temps pour le faire. Il y a non seulement un nouveau concept à « vendre » (produits et/ou services), il y a une nouvelle entreprise à monter et à apprivoiser. La courbe d’apprentissage est une montée abrupte! Une statistique intéressante démontre que lors d’un 2ième démarrage, les entrepreneurs consacrent 25% plus de temps à « vendre ». Ça devrait servir de leçon…

Je ne reviendrai pas dans le cadre de ce billet sur le rôle que peut jouer le plan d’affaires dans cet apprentissage. Je dirai uniquement que c’est à ce stade-ci qu’il peut devenir anti-entrepreneurial!

M. Filion parle de 4 étapes Intiution, Pérparation, Démarrage et Consolidation. Je n’ai pas les années de recherche de M » Filion, mais j’ai par contre beaucoup de « terrain », autant au pré-démarrage qu’avec les entrepreneurs ayant démarré depuis peu. À mon avis, les 3 premières sont assez souples et les entrepreneurs oscillent et alternent entre ces 3 « taches » nécessaires à la mise en route de leur projet.

L’utilisation de la méthode SynOpp sur le terrain à raccourci considérablement le temps de lancement d’une entreprise.

Quand on me parle de l’anxiété vécu par un entrepreneur mal préparé, j’ai tendance à rétorquer que celui-ci a probablement trop réfléchi. Tellement qu’il a peur de prendre une décision. On mire, on mire, on mire, on vise la cible mais on ne connait pas les ajustements à apporter tant que l’on n’a pas tiré au moins une fois!

Je crois qu’une des clés pédagogiques de l’entrepreneurship, c’est la formation à la prise de décision…rapide!

Parlant de décision, que décidez-vous de faire aujourd’hui pour faire avancer votre idée, votre rêve, votre projet d’entreprise.

La perfection est rarement bonne conseillère au démarrage.