Priorité à la création d’entreprises

Dans un article du FORUM de LaPresse de dimanche, Hélène Desmarais  y va de son grain de sel sur ce que les élus devraient faire pour relancer l’économie.

Quelques points à retenir. Selon une étude du Conference Board, le Canada se classerait 13e sur 17 pays industrialisés sur les étapes-clés de l’innovation (je vous invites d’ailleurs à aller voir cette étude déprimante). Pour avoir vu quelque bons projets techno se casser les dents lors de la commercialisation, en avoir vu d’autres incapables de faire le passage d’une plateforme scientifique à un produit technologique, il y un manque de formation chez les spécialistes de la valorisation.

De plus, je sais que je vais en faire grincer des dents, mais il est temps que les laboratoires universitaires ouvrent leurs portes un peu plus grandes. J’ai toujours de la difficulté à croire que, dans ce qui devrait être le plus gros réseau de laboratoire de R&D du Canada, on ne puisse pas « produire »  (Commercial output) plus que ça.

Les universités québécoises (qui sont minuscules à l’échelle mondiale) jouent encore une contre l’autre au lieu de faire front commun sur l’innovation. Mes années à la direction du Centre d’entrepreneurship HEC-Poly-UdeM et du Pôle Universitaire de la Montérégie m’ont permis de le constater. Je crois que le sous-financement chronique des études supérieures est un des éléments favorisant cette compétition malsaine.

Pour revenir à Mme Desmarais, sa 2ième question porte sur l’entrepreneuriat. Bon, son étude vient du ‘think thank » de droite, le Fraser Institute. Le Canada performe moins bien que les USA et le Quebec moins que la moyenne canadienne. Bien que ça m’énerve de leur donner raison, je dois avouer que l’entrepreneuriat est devenu une « industrie » au Québec et qu’on a fonctionnarisé l’entrepreneurship. Si on décline depuis 2001, ce n’est pas faute de fonds, c’est faute de vision.

Quant au fonds « d’amorçage », de grâce, lâchez les concours et mettez du fric dans les résultats. Rembourser la R&D c’est bien, mais quand il n’y a pas d’argent pour en commercialiser les fruits, c’est bête!

Prenez le fric des concours et mettez -le dans un programme de récompenses aux résultats et remboursement des frais de commercialisation.

Et, ah, oui….Moins de paperasse, plus d’actions.