Pratique entrepreneuriale (cours #2)

Dans le collectif  « De l’intuition au projet d’entreprise » mon collègue Claude Ananou, consacre un chapitre aux « entreprises du 21ieme siècle ». Je trouve très à-propos  d’aborder ce chapitre par un regard sur un contexte économique en constant changement.

Voici les 10 points qu’il considère comme nécessaires à la nouvelle entreprise

  1. Être agent du système planétaire
  2. Chercher la flexibilité
  3. S’orienter vers le savoir
  4. Être innovatrice
  5. Tendre vers le non-conformisme
  6. Réduire ses frais fixes
  7. Être interactive
  8. Assurer sa profitabilité
  9. Chercher la convivialité
  10. Etre éthique

La rapidité avec laquelle les contextes d’affaires changent, la rapidité avec laquelle l’information circule, la circulation mondiale des fonds monétaires, l’impartition/sous-traitance un peu partout sur la planète, demandent à l’entrepreneur et à son entreprise une vitesse de décision et d’exécution rarement vue aux cours des dernières années.

En même temps si ce contexte vous mets de la pression, sachez qu’il créer aussi beaucoup d’opportunités, saurez-vous les saisir ?

Cette souplesse nécessaire a donné naissance à des approches novatrices en démarrage d’entreprises. L’approche SynOpp bien sûr mais aussi le « lean startup » très populaire aux États-Unis en ce moment. Pour en savoir plus lisez les blogs d’ Eric Ries et de Steve Blank, De plus, un nouvel incubateur vient de voir le jour à Montréal, basé sur les principes du lean startup : Yearonelabs.

Cette vitesse de circulation de l’information et de prise de décisions renforce la nécessité pour une entreprise d’être en interaction constante avec son client. Ce qui me fait dire que les médias sociaux sont là pour rester mais la façon d’y interagir va encore évoluer.

Dans cette liste, sur quel(s) point(s) considérez-vous votre startup comme une entreprise du 21ième siècle ?

Quant à M. Filion qui parle du métier d’entrepreneur, Il identifie 10 composantes du métier d’entrepreneur

  1. Identifier/Créer des opportunités
  2. Définir des contextes (vision)
  3. Prendre des décisions
  4. Mettre en œuvre
  5. Négocier
  6. Acheter
  7. mettre en marché
  8. Vendre
  9. Savoir s’entourer
  10. Déléguer

Dans un monde idéal, je veux bien. Mais à mon avis on peut faire un bon bout de chemin avec le point 9. Quand on connaît bien ses forces (talents naturels+formation+expérience), on a tout intérêt à mettre son énergie là-dessus et s’entourer des gens qui peuvent faire très bien  ce que l’on fait plutôt mal. De plus en entrepreneurship encore plus que partout ailleurs en affaires, « la fonction créer l’organe ». Si vous voulez mon avis, des fois vaut mieux greffer que de faire pousser. Plus court et moins douloureux 😉

Par contre j’aime bien « créer » des opportunités et bien qu’on parle souvent des talents d’innovateur des entrepreneurs, est-ce que reprendre avec succès un concept qui fonctionne ailleurs est innovateur ? Beaucoup d’entrepreneurs se sont mis riches à coup de « me-too businesses ». Est-ce qu’adapter un concept étranger au contexte local est innovateur ? SVP, ne gâchons pas notre plaisir de faire rouler l’Économie.

Dans ces 10 points, lequel est votre force comme entrepreneur ?

Il nous parle ensuite des sphères de vie.

  1. Spirituelle
  2. Intellectuelle
  3. Énergétique
  4. Familiale
  5. Créative
  6. Sociale
  7. Professionnelle
  8. Entrepreneuriale
  9. Matérielle
  10. Contributive

Concept fondamental en coaching, je n’ai jamais rencontré un entrepreneur qui réfléchissait aussi profondément à l’impact de son projet sur sa vie personnelle. On peut bien recommander de faire cet exercice, cela me semble irréaliste dans le contexte d’un démarrage. Cela cadre  bien mal avec l’urgence de démarrer typique de quelqu’un qui vient de trouver une intuition/idée d’affaires. Toutefois, je ne soulignerai jamais assez l’importance d’avoir une passion en dehors de son démarrage.

J’ai réalisé à quel point, la nécessité de « décrcocher » est importante pour pouvoir prendre des décisions importantes.  Bien que convaincu de la chose, un exemple me reste gravé en mémoire.  Dans le cadre de l’émission « spectacle » avec Elvis Costello, j’ai eu la chance d’entendre Bill Clinton (L’ex-président des États-Unis) parler de l’importance de son saxophone. Il expliquait qu’avant chaque grand meeting où des décisions importantes devant être prises, il prenait 30 minutes pour s’enfermer dans son « music room » pour y jouer du saxophone, pour faire le vide et être « relax » avant d’aller dans le bureau ovale.

Il s’agit de garder une certaine hygiène mentale….

À quelle sphère faites-vous plus attention ?

Quel est votre passion en dehors de votre startup ?

Finalement, si vous avez un texte à lire, trouvez « Le créateur d’entreprise est un bricoleur » d’Olivier Toutain et Alain Fayolle.  Très recommandé pour les étudiants du cours pour comprendre la pédagogie de celui-ci! Ce texte s’inscrit dans la ligne de pensée de l’approche SynOpp et soulève certains points de vue fort pertinents. Un  pivot fondamental dans la perception du « travail » de l’entrepreneur c’est que pour ces messieurs, l’entrepreneur dans le développement de son projet fonctionne par induction (il ne déduit pas!)

L’autre élément clé est l’interprétation entrepreneuriale d’une recherche menée en 2001.  L’emphase mise sur la créativité en opposition avec la logique prédictive, illustre parfaitement ma façon de voir le démarrage. On ouvre le frigo et on fait à souper avec ce que l’on a…et on ne commence pas par écrire une recette sans savoir ce qu’on a sous la main….soyons créatif d’abord, logique ensuite!

Bref, c’est un métier qui s’apprend sur le tas. Si certains ont une longueur d’avance (théorique et/ou pratique), celui ou celle qui sera actif sur le terrain, prêt à faire de nombreuses itérations avec son idée apprendra ce qu’il a besoin de savoir et ce qu’il a besoin de faire pour réussir, plus vite que les autres.