L’éléphant va t-il accoucher d’une souris ?

Bon ça bouge!

Le mois d’octobre a été riche en rebondissement de toute sortes dans le merveilleux monde de l’entrepreneurship.

Récapitulons…

Dans Québec Inc, 2 articles; le premier

La stratégie gouvernementales suffira-t-elle à renverser la tendance ?

Constat:

  • Moins de gens se lancent en affaires ici qu’ailleurs au Canada
  • Ça demande plus d’énergie qu’ailleurs
  • Les entreprises sont de plus petite taille
  • Le nombre de faillite après 5 ans est plus élevé

Le journaliste se pose la question si nous sommes devenus une « société trop confortable ». À l’instar de l’éditeur je crois que nous sommes dans une « zone de confort » et que pour vaincre l’ inertie ça va prendre des coups de pieds au cul (celle là elle est de moi).

Les experts interrogés se demandent si nous ne sommes pas  des créateurs plus que des entrepreneurs. Chose certaine nous ne sommes plus des créateurs de richesse depuis un bon moment, obsédé que nous sommes comme société, de ne déplaire à personne. On soulève encore l’aversion des entrepreneurs québécois au risque. Quelqu’un a déjà dit qu’on a les gouvernements que l’on mérite. Considérant, qu’en tant que peuple/société on est assez pissou (comme je le mentionnais à Joliette lors de ma dernière conférence), on ne peut pas demander au gouvernement d’assumer les risques…et quand on ose rien en dehors de la boîte ça nous mets dans des situations comme socialiser les coûts et privatiser les profits, misère!

Bien sur la FCEI s’attaque à l’environnement fiscal non favorable. Probablement vrai, mais ça c’est une problématique d’expansion. Au démarrage, il y a un sacré boulot à faire, et ce n’est pas une question fiscale.

Je me suis retrouvé dans une petite tempête suite à la parution de 2 articles dans le Journal de Montréal (voir billet précédent) ayant remis en question le travail des CLD et des CDEC. Je vais taper à nouveau sur le clou. Si on ne change rien à la façon de faire on ne changera rien aux résultats, me semble que c’est évident!

De grâce ne me ramenez pas des changements de structure. Je me rappelle encore avec plaisir une remarque de Stéphane Bureau au colloque de la Fondation de l’entrepreneurship l’an dernier. Alors qu’on venait d’apprendre par le DG de la Fondation et Nathaly Riverin, l’état alarmant de la situation, Monsieur Bureau devant l’apathie du panel de « spécialistes » avait lancé mi-figue mi-raisin, une remarque un peu assassine du genre « Ça me vous tente pas de faire quelques chose au lieu de parler ? »

Le MDEIE depuis a fait une grosse étude et en collaboration avec l’ACLDQ va organiser une tournée au Québec pour tâter le poul des entrepreneurs et des « spécialistes » et procéder à une grande psychanalyse provinciale pour comprendre le « mal entrepreneurial » québécois.

Ça m’énerve de voir que le leadership en la matière est pris par le Gouvernement (allo le paradoxe) et par des gens qui n’ont qu’une vision théorique de l’affaire. Je sais de quoi je parle…je croyais comprendre..jusqu’à ce que je me casse les dents sur la réalité d’entreprendre….

Je reste ouvert et je suivrai de près les débats, mais j’ai bien peur qu’à moins que ces « forums » ne soient dirigés par un(e) entrepreneur(e) aguerri(e) , que l’Éléphant québécois n’accouche encore une fois que d’une souris.

P.S.

À mon humble avis, on devrait valoriser la prise de risque et minimiser les conséquences d’un échec à partir du primaire. Bien qu’honorable, je ne crois pas que c’est avec un concours Québécois en entrepreneurship qu’on va stimuler une génération d’entrepreneurs. J’y ai cru quand j’ai aidé à mettre ce concours sur pieds. Près de 10 ans plus tard, il faut constater que si l’activité est plaisante elle est à l’entrepreneurship ce que le Monopoly est à l’immobilier!